Au terme de l’appel de propositions qui se déroulait du 28 janvier au 1er avril 2026, le jury du concours d’idées en design a sélectionné quatre équipes lauréates parmi les vingt propositions reçues. Le jury a également décerné une mention.
AUpoint architecture + territoire
L'esplanade habitée
Cette proposition se distingue par une approche visant à réconcilier les pôles de l’Épingle et des courbes Senna au sein d’un geste unificateur d’envergure. Le jury salue cette ambition manifeste : la proposition ne se contente pas de répondre à un besoin fonctionnel, elle porte une vision emblématique des grands événements montréalais tout en dotant le Parc d’une signature architecturale affirmée. La force du projet réside dans sa capacité à générer un nouveau paysage anthropique, intégrant des espaces diversifiés qui maximisent le potentiel économique et l’attractivité du site, particulièrement dans le pôle Senna.
LAFLEUR PARADIS ARCHITECTES
Les gradins de l’île Notre-Dame
La proposition se distingue par sa clarté et une rigueur architecturale qui met en scène le circuit Gilles-Villeneuve et qui s’inscrit dans une certaine continuité esthétique avec le paddock existant. C’est un geste fort, efficace et parfaitement adapté aux exigences de la F1, misant sur une simplicité formelle qui laisse pressentir une viabilité financière. Le jury souligne l’approche pragmatique : le projet réussit à « faire beaucoup avec peu », notamment à travers la coupe (page 5) qui révèle une optimisation intelligente de l’existant. L’habillage des gradins transforme habilement des structures temporaires en un ensemble pérenne et cohérent. L’esthétique générale demeure sobre, portée par une logique structurante qui évoque la typologie des stades de football américain. Bien que cette filiation renforce l’efficacité de l’ensemble, elle freine quelque peu l’exploration de pistes plus innovantes.
Provencher_Roy
Relief habité
Ce projet se distingue par sa simplicité formelle et une compréhension profonde de la nature hybride du site. Le parti pris est clair : la performance de l'aménagement repose sur le paysage plutôt que sur le bâti. En privilégiant l'idée de « habiter le sol » et d'activer le site sans recourir à des infrastructures permanentes superflues, la proposition redonne le parc aux usagers et aux usagères de manière fluide et inclusive. Le jury apprécie que le site fonctionne en l’absence d’événements sportifs, mettant en valeur son caractère naturel et sa fonction de parc public, tout en assumant sa vocation de grand pôle d'attractivité. L’équipe propose une mise en scène soignée de l'arrivée dans le parc, jouant habilement avec la topographie pour multiplier les points de vue. L’utilisation subtile du relief permet de connecter les différentes parties du site et de résoudre les flux sans créer de conflit avec le cadre naturel. On circule en haut et en bas des gradins de façon intuitive. L'arrière de l'Épingle est traité avec soin, et les coupes (page 6) adressent avec justesse l’entrée du bassin olympique.
Collectif Mégane Bédard + Jean-Simon Bissonnette + Rose-Marie Bourdages + Camille Brodeur
Un jour, un jour, une jeunesse en fougue
Ce projet se distingue par une posture résolument architecturale qui privilégie la conservation à la table rase. Le jury a particulièrement apprécié le choix de préserver l’ensemble des installations liées aux Jeux Olympiques, traitant le secteur non pas comme une contrainte, mais comme une assise historique à prendre en compte. Les nouveaux aménagements s'insèrent avec une cohérence témoignant d'un profond respect pour le patrimoine bâti du Parc. La force majeure de la proposition réside dans sa conscience aiguë du lieu. Le projet s’appuie sur un narratif solidement ancré dans l'identité du site, dont le langage architectural n’est pas sans rappeler celui de la Place des Nations. Cette approche conservatrice offre une solution relativement réaliste. Cependant, sa lourdeur formelle et constructive questionne sa capacité d’adaptation dans le temps et pourra interpeller les gestionnaires quant au cycle de vie global de ces gradins permanents. Les espaces vitrés entre les gradins présentent un important potentiel d’aménagement qui pourrait contribuer à renforcer l’animation du site en dehors des périodes événementielles et en favorisant des usages complémentaires.